Inspiratrice d'équilibres

Et si on parlait des porte-bonheur ?

Ça y est, vous l’avez, votre brin de muguet ?

Et si on en profitait pour parler des porte-bonheur et des talismans ?

Lors d’une interview, une personne m’a demandé si

« le fer à cheval devait être posé ouverture vers le haut ou ouverture vers le bas »

J’avoue avoir été un peu désarçonnée par la question, parce que dans ma pratique du Feng Shui Traditionnel, je n’utilise pas de gri-gri, talisman ou autre objet porte bonheur.

Toutes les traditions populaires ont leur lot de porte-bonheurs :

  • objet,
  • écritures,
  • symboles, …

qui peuvent être

  • posés dans la maison (souvent sur la porte d’entrée)
  • portés en bijoux…
  • brodés ou peints comme motifs décoratifs…

Qu’est-ce qui fait que ça pourrait « marcher » ?

Parce que cela active des forces cosmiques surhumaines ?

Ou parce que notre regard qui se pose sur l’objet active des phénomènes de « pensée positive », qui nous aide à dépasser nos propres blocages et résistances

Car oui, on peut résister à l’idée d’être riche, de tomber enceinte, ou plus globalement d’être heureux… ça paraît incroyable ? Je le vois tous les jours en consultation BaZi ! Pour de nombreuses raisons, qui ont souvent trait à du transgénérationnel, d’ailleurs.

Les talismans Feng Shui

Dans le milieu du Feng Shui, beaucoup de praticiens utilisent des talismans : dessin magique, enveloppe rouge, objet exotique soi-disant doté de pouvoir magique…

Cela n’est pas ma pratique. Je vous explique pourquoi ça me fait tiquer.

Un talisman relie à un égrégore

Un égrégore, qu’est-ce que c’est ?

Je cite un extrait de mon livre « Nos lieux sont vivants » (pages 203-204) :

« Le terme « égrégore » fait penser aux mots « agréger, agrégat » Il s’agit en effet de l’agrégat de pensées, d’émotions, d’intentions, individuelles au départ, qui, en s’agglomérant, prennent une forme de vie autonome et deviennent agissantes. Un égrégore peut s’apparenter a une forme-pensée, à un esprit de groupe, un esprit de corps, un esprit communautaire. Les communautarismes, les religions, les sectes… sont des égrégores. Mais la culture d’entreprise peut l’être aussi ! Être fan d’Apple, de Johnny Hallyday ou de Taylor Swift, c’est faire partie d’un égrégore.

Prenant son autonomie, la tendance naturelle d’un égrégore va être de chercher à se renforcer et à s’alimenter, en incitant les individus qui l’ont formé à se réunir, et en attirant a lui de nouvelles personnes. Un égrégore est d’autant plus fort qu’il rassemble de nombreux individus et est alimenté par des assemblées, des événements collectifs.
La ferveur collective, le partage collectif vécu lors d’un concert, d’un match sportif, d’une conférence, alimentent un égrégore. On le comprend aisément, il est donc difficile d’échapper aux égrégores !

Dans la mesure ou un égrégore cherche à attirer le plus de monde possible, aucun égrégore ne peut être considéré comme bénéfique : il cherche forcément à nous manipuler pour capter notre énergie »

Les questions posées par les égrégores – et donc par les talismans

Les questions sont donc :

  • Qui profite de cet égrégore ?
  • Qui a conçu ce talisman ?
  • Avec quelle intention ?
  • Est-ce qu’il maîtrise ce qu’il fait ?
  • Et qui a « fabriqué » l’objet en question ?
  • En y plaçant quelles émotions, quelles intentions supplémentaires ?
  • Il vous a été offert ? Avec quelle intention ?
  • Il a été fabriqué spécialement pour vous ? Par qui, avec quelle technique ?
  • Est-ce que cette personne maîtrise ce qu’elle fait, ou n’est-ce pas (encore) un apprenti sorcier ?
  • quelle est la nature des relations qui vous lient à cette personne ? Et quand la relation évolue, que devient l’objet et son impact ? (j’ai personnellement brisé et dispersé un objet, fabriqué pour moi par un élève, avec qui la relation avait pris un mauvais tour. J’ai senti que cet objet devenait toxique.)
  • Et même quand la relation ne change pas, est-ce que l’effet est stable dans le temps ?

Ces objets nous détournent du travail que nous avons à faire avec le lieu

Le problème fondamental est là, de mon point de vue :

En induisant l’idée qu’une solution magique existe forcément sans faire d’effort, et qu’il « suffit » de trouver la personne qui peut fournir l’objet, nous nous engageons sur un mauvais chemin.

  • Nous prenons (violemment) le pouvoir sur le lieu, et ça, ça finit toujours par se payer.
  • Ces objets nous détournent du vrai travail que nous avons à faire en collaboration avec nos lieux : un travail sur nous, éclairé par leur influence par les épreuves qu’ils nous proposent.

La promesse de devoir travailler sur soi et sur sa relation à son lieu, c’est moins agréable à entendre que la promesse d’une solution sans effort.

Un peu comme ceux qui vous promettent de maigrir pendant votre sommeil ou en prenant un complément alimentaire magique.

Ne pas faire ce travail, c’est refuser d’évoluer sur son chemin de vie. C’est refuser de dénouer les fils, qu’ils soient psychologiques, karmiques ou transgénérationnels. C’est refuser de se transformer.

Vous avez le droit – mais ça ne correspond pas aux personnes que j’accompagne.

C’est tout l’objectif du programme « Faire alliance avec son lieu de vie pour trouver sa voie et prendre sa place »

Égrégore et talisman sont abordés lors de cette formation.

 

Remerciements à Audrey Chapot, anthropologue, pour les échanges qui ont nourri cet article.

Crédits photos : Pexels 

 

2 réponses

  1. Chère Isabelle,
    Merci pour ce message qui me parle beaucoup! Je viens de recevoir votre livre et je me réjouis découvrir comment dialoguer avec le gardien des lieux… Félicitations pour cet ouvrage pratique!
    Bien à vous,
    Esther

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *